L’article en bref
Le bouturage des plantes aromatiques permet de multiplier gratuitement vos plants préférés en recréant les bonnes conditions.
- Période idéale : privilégier la fin d’été (août-septembre) et travailler tôt le matin quand les plantes sont gorgées d’humidité nocturne
- Préparation des boutures : sélectionner des tiges saines de 10-15 cm, couper sous un œil, retirer les feuilles du bas et utiliser un substrat drainant (terreau et perlite)
- Techniques adaptées : bouturage dans l’eau pour le basilic (racines en 10 jours), avec fragment de racine pour la menthe, technique du talon pour la verveine
- Soins post-bouturage : créer un microclimat avec une cloche transparente, placer à la lumière sans soleil direct, ventiler régulièrement pendant 5-6 semaines
Je me souviens encore de ma première tentative de bouturage de plantes aromatiques. J’avais sélectionné quelques tiges de romarin et de menthe, un peu au hasard, sans vraiment connaître les bonnes pratiques. Résultat ? Un échec total ! C’est à partir de ce moment que j’ai décidé d’approfondir mes connaissances et d’expérimenter différentes techniques. Aujourd’hui, je te partage tout ce que j’ai appris sur cette pratique ancestrale qui permet de multiplier tes plantes préférées gratuitement. Le bouturage consiste à créer une nouvelle plante à partir d’une tige, en recréant les conditions idéales pour qu’elle développe des racines. Cette méthode économique et écologique te permettra d’obtenir rapidement de nombreux plants pour ton jardin ou ton balcon.
Réussir le bouturage des aromatiques : période et préparation
Choisir le bon moment pour bouturer
Je te conseille vivement de privilégier la fin d’été, particulièrement les mois d’août et septembre, pour bouturer tes plantes aromatiques. À cette période, les végétaux ont terminé leur floraison et concentrent leur énergie sur la croissance de nouvelles racines. J’effectue personnellement mes boutures au tout début du mois d’août, ce qui me permet d’obtenir des plants bien racinés et vigoureux avant les premiers froids. Pour certaines espèces comme la sarriette, tu peux étendre cette période de juin à septembre, à condition de placer tes boutures à l’ombre en début de saison.
Le moment de la journée compte également énormément. Je te recommande de travailler tôt le matin, quand tes plantes sont encore gorgées de l’humidité nocturne. Elles n’ont pas encore souffert de la chaleur et supporteront mieux le prélèvement. Cette pratique simple fait toute la différence dans le taux de réussite de tes boutures.
Sélectionner et préparer les boutures
La réussite du bouturage commence par le choix de la plante mère. Je sélectionne toujours des sujets sains, vigoureux et exempts de maladies ou parasites. Sur cette plante, je choisis une jeune tige bien développée, idéalement sans fleurs. Avec mon sécateur préalablement stérilisé à l’alcool, je coupe une section de 10 à 15 centimètres. Je veille toujours à sectionner juste sous un œil, car c’est précisément de cet endroit que se développeront les futures racines.
Ensuite, je retire délicatement les feuilles du bas en ne conservant qu’un petit toupet de feuilles sur le tiers supérieur. Cette étape cruciale permet à la plante d’économiser son énergie et de ne pas s’épuiser par transpiration excessive. Je te suggère de réaliser au moins cinq boutures simultanément pour maximiser tes chances de réussite. Si tu souhaites te lancer avec des plantes de qualité, n’hésite pas à consulter ce guide des meilleurs points de vente de plantes aromatiques bio.
Préparer le substrat idéal
Le choix du substrat représente un facteur déterminant dans la réussite de tes boutures. J’utilise généralement un mélange composé de deux tiers de terreau pour semis et d’un tiers de perlite ou de sable de rivière. Ce mélange offre un excellent drainage tout en conservant l’humidité nécessaire. Pour certaines plantes exigeantes comme l’estragon, je prépare un mélange à parts égales de sable et de terreau.
Je remplis mes godets avec ce substrat puis j’humidifie légèrement avec de l’eau de pluie. Avec un simple crayon, je crée un trou de 3 à 4 centimètres de profondeur. Cette technique évite d’abîmer l’extrémité de la bouture lors de la plantation. J’insère ensuite la base de ma bouture en l’enterrant aux deux tiers, puis je tasse fermement le substrat autour.
Techniques adaptées selon les espèces
Le bouturage dans l’eau, simple et efficace
Cette méthode me attire par sa simplicité. Je coupe délicatement une tige avec des ciseaux propres, puis je retire toutes les feuilles du bas en veillant à laisser plusieurs nœuds immergés. C’est précisément à partir de ces nœuds que se formeront les nouvelles racines. Je place ensuite mes tiges dans un verre d’eau que j’installe près d’une fenêtre lumineuse, sans soleil direct.
Pour le basilic, j’observe l’apparition des premières racines dès dix jours. Cette plante aromatique se prête merveilleusement bien à cette technique. Je renouvelle l’eau tous les deux ou trois jours pour prévenir le développement de bactéries. Une fois les racines suffisamment développées, je transplante délicatement la bouture dans du terreau en prenant garde de ne pas casser le fragile système racinaire.
| Plante | Méthode recommandée | Durée d’enracinement |
|---|---|---|
| Basilic | Eau ou terreau | 10-15 jours |
| Menthe | Eau avec fragment de racine | 7-14 jours |
| Romarin | Terreau drainant | 4-6 semaines |
| Lavande | Terreau sous châssis | 5-8 semaines |
Particularités de certaines aromatiques
Chaque plante possède ses exigences spécifiques. Pour la menthe, je prélève toujours un fragment de racine avec la tige. Un simple tirage délicat sur une pousse tendre suffit à décoller une partie enracinée. La menthe se multiplie si facilement que j’obtiens systématiquement d’excellents résultats avec cette méthode rapide.
Pour la verveine, je procède différemment. En août ou septembre, je récolte les jeunes pousses latérales tôt le matin en récupérant un bout d’écorce de la tige principale. Cette technique du talon favorise grandement l’enracinement. Je plante ensuite six boutures sur les bords d’un pot que je place dans un sac plastique fermé pendant deux mois, sans arrosage. L’humidité reste ainsi constante et les racines se développent parfaitement. Durant l’automne, tu peux également découvrir quelles cultures lancer au potager en complément de tes boutures.
Le laurier-sauce nécessite une approche particulière. Je prélève des rameaux semi-aoûtés, dont la tige commence à se lignifier, que je place en godets d’un litre. Cette plante méditerranéenne supporte bien le froid mais je la rentre si les températures descendent sous moins dix degrés.
Soins et développement après bouturage
Créer un microclimat favorable
Pour maximiser mes chances de réussite, je recrée systématiquement un environnement presque tropical pour mes boutures. Je couvre chaque pot avec une bouteille en plastique coupée ou une cloche transparente. Attention en revanche à ce que le feuillage ne touche pas les parois pour éviter le développement de moisissures. Cette protection maintient une humidité constante et favorise la formation des racines.
Je place mes boutures dans un endroit lumineux mais à l’abri du soleil direct. Le vent représente également un ennemi redoutable pour les jeunes boutures fragiles. Je soulève la cloche durant trente minutes tous les trois ou quatre jours pour renouveler l’air ambiant. Cette ventilation prévient les maladies tout en maintenant des conditions optimales.
De la reprise à la plantation définitive
Après cinq à six semaines, je retire progressivement les protections. Les racines se sont alors suffisamment développées pour que la plante puisse survivre seule. Durant l’hiver, je conserve mes jeunes plants dans une serre non chauffée ou une véranda, en réduisant considérablement les arrosages. Cette période de repos végétatif permet aux plants de se renforcer.
Au printemps suivant, mes jeunes aromatiques sont prêtes à rejoindre le jardin. Je les acclimate progressivement aux conditions extérieures avant la plantation définitive. Cette méthode m’a permis de constituer une belle collection d’aromatiques variées sans dépenser le moindre centime, uniquement grâce au pouvoir de multiplication du bouturage.
Sources : wiki de la lutte biologique et wiki de la lutte bio