L’article en bref
La chenille processionnaire du pin envahit 80% des départements français. Le piège collier s’impose comme la solution la plus efficace et écologique pour réguler cette population.
- Fonctionnement : une collerette rigide entoure le tronc et redirige les chenilles vers un sac collecteur rempli de terre, avec une efficacité supérieure à 97%.
- Sécurité : le sac micropercé confine les poils urticants, éliminant tout risque de contact direct avec les chenilles.
- Installation : poser le piège dès début décembre, avant les premières processions de descente, en 20 minutes environ.
- Tarifs : de 34,50 € à 83,50 € selon la circonférence du tronc, avec recharges recyclables et réutilisables.
- Approche complète : combiner avec nichoirs à mésanges et pièges à phéromones pour une régulation durable des populations.
La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) colonise aujourd’hui 80% des départements français, touchant un quart des communes de France métropolitaine. Autrefois cantonnée au pourtour méditerranéen, elle remonte vers le nord à une vitesse inquiétante. Je l’ai encore constaté ce printemps dans mon jardin : des files de chenilles descendant en procession le long d’un vieux pin parasol, droit vers le potager des voisins. Face à ce fléau, le piège cornalitrap chenille, aussi appelé piège collier, s’impose comme la réponse la plus efficace et la plus respectueuse de l’environnement.
Ce qu’est vraiment un piège collier contre les chenilles processionnaires
Le principe de fonctionnement, étape par étape
Le piège collier repose sur un mécanisme ingénieux. Au printemps, les chenilles processionnaires du pin arrivent à maturité et descendent en file indienne le long du tronc pour s’enterrer et se nymphoser. Le piège intercepte cette procession avant qu’elle n’atteigne le sol.
Concrètement, une collerette rigide en polypropylène entoure le tronc. Elle bloque mécaniquement le passage des chenilles et les redirige vers un tube de descente, qui aboutit dans un sac collecteur rempli de terre meuble. Les chenilles, croyant avoir atteint le sol, y tissent leur cocon naturellement. Elles ne ressortent jamais. L’efficacité dépasse 97% selon les données de l’INRAe, qui a validé ce dispositif.
Un détail notable : ce piège fonctionne uniquement pour la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa), pas pour celle du chêne (Thaumetopoea processionea), qui ne descend pas dans la terre et suit un cycle de développement autre.
Une conception sécurisée et écologique
Le sac collecteur est micropercé : l’eau de pluie s’évacue librement, mais les poils urticants restent confinés à l’intérieur. Aucun contact avec les chenilles n’est possible depuis l’extérieur. C’est essentiel, car aux stades 4 et 5 du développement larvaire, ces poils se dispersent dans l’air et provoquent conjonctivites, plaques cutanées ou problèmes respiratoires chez l’homme. Chez le chien ou le cheval, ils peuvent causer une nécrose de la langue, voire la mort.
Le polypropylène utilisé pour le cerclage ne contient ni phtalates ni chlore. En fin de vie, il ne dégage que du CO2 et de la vapeur d’eau. Le dispositif est 100% recyclable et réutilisable plusieurs saisons de suite, ce qui le rend économiquement raisonnable.
Un outil validé par la science
L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) rappelle qu’il n’est pas possible d’éradiquer la chenille processionnaire. L’objectif réaliste reste la régulation des populations. À Villeurbanne, dans le Rhône, la municipalité retire chaque année plus de 300 nids par échenillage. Les ventes de pièges collier dans cette commune sont passées de 10 à 15 unités par an à 30 à 50 unités, signe d’une prise de conscience croissante.
Quand et comment installer son piège collier contre les processionnaires
La bonne fenêtre d’installation
Le timing est primordial. Sur la majeure partie du territoire, pose le piège dès début décembre, avant les premières processions de descente. Sur la Côte Atlantique, la période s’étend de novembre à fin avril. Dès que les températures dépassent 15°C en décembre, les chenilles peuvent sortir des nids. Ne pas attendre janvier.
La période de risque maximal s’étend de janvier à avril. Un automne trop doux peut accélérer la maturité des larves et déclencher des descentes prématurées. Surveille la météo locale, c’est la règle d’or.
Voici les étapes d’installation à respecter dans l’ordre :
- Examiner l’écorce et raboter légèrement les irrégularités du tronc.
- Passer la sangle dans les fentes de la goulotte et la serrer fermement.
- Enrouler la mousse autour du tronc en la plaquant contre l’écorce.
- Coller la mousse sur la bordure perforée et fixer sur les ergots.
- Remplir le sac collecteur de terre meuble sans enterrer le tube.
- Agrafer les deux parties du collier et vérifier l’étanchéité avec du mastic écologique.
Compte environ 20 minutes par arbre, idéalement à deux personnes pour les troncs à grande circonférence. Place le tube de descente côté sud de préférence.
Entretien et gestion du sac collecteur
Prévois un sac collecteur pour 1 à 3 nids. Au-delà de 10 nids sur un même arbre, installe une deuxième goulotte côté opposé. Surveille le sac régulièrement et vide-le si nécessaire en cours de saison.
Après la dernière procession observée, attends 3 semaines avant de retirer le sac. Ensuite, équipe-toi de gants, lunettes, masque et vêtements couvrants. Verse de l’eau bouillante dans le sac pour neutraliser les chenilles, laisse refroidir, ferme hermétiquement, puis place le tout dans un second sac-poubelle. Direction la déchèterie ou la collecte ménagère ordinaire.
Tarifs et compatibilité selon l’arbre
Ce piège est disponible en plusieurs tailles selon la circonférence du tronc. Voici un aperçu des tarifs indicatifs :
| Circonférence | Prix du piège | Prix recharge |
|---|---|---|
| 94 cm | 34,50 € | 25 € |
| 1,75 m | 46,96 € | — |
| 2,45 m | 55,90 € | — |
| 3,75 m | 83,50 € | 63 € |
Attention : ce dispositif convient aux pins, pas aux sapins ni aux cèdres, dont la morphologie du tronc et les comportements de descente diffèrent. Pour les zones sensibles comme les écoles ou les hôpitaux, c’est la méthode à privilégier en priorité absolue.
Aller plus loin : mêler le piège collier avec d’autres leviers bio
Le piège collier seul ne suffit pas toujours. Une approche intégrée donne de bien meilleurs résultats sur la durée. Personnellement, j’associe systématiquement la pose du piège à l’installation de nichoirs à mésanges : une seule mésange peut consommer jusqu’à 60 nuisibles par jour, ce qui représente un appoint non négligeable sur une saison entière.
Le piège à phéromones, actif de juin à septembre, capture les papillons mâles et permet de surveiller l’évolution des populations avant même que les nids n’apparaissent. C’est un excellent outil d’anticipation. Pour les arbres très infestés ou difficilement accessibles, une pulvérisation de Bacillus thuringiensis au mois de mai reste une option, même si elle touche d’autres lépidoptères sans distinction.
L’Observatoire des chenilles processionnaires propose une plateforme de signalement en ligne. Y déclarer les nids observés dans ta commune contribue directement aux stratégies locales de prévention et d’intervention. C’est un geste simple, gratuit, et réellement utile pour la collectivité.
Sources : wiki de la lutte biologique, wiki de la lutte bio