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Comment lutter contre la piéride du chou : guide complet

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L’article en bref

L’article en bref

La piéride du chou est un ravageur redoutable des crucifères qu’il faut savoir identifier et combattre au jardin bio.

  • Identification : Papillon blanc aux taches noires, chenilles vert-bleuté visibles en plein jour, œufs en grappes jaunes sous les feuilles
  • Dégâts : Feuilles criblées de trous, nervures à nu, cœur du chou creusé de galeries, rendant le légume inconsommable
  • Cycle : 2 à 3 générations par an, infestations sérieuses de mi-juillet à octobre selon le climat
  • Prévention : Filets anti-insectes hermétiques, inspection hebdomadaire des œufs, plantes compagnes (thym, romarin, sauge) et biodiversité
  • Traitement : Ramassage manuel, purin de tanaisie, Bacillus thuringiensis sur jeunes chenilles, savon noir en dernier recours

Chaque été, je retrouve le même spectacle sur mes rangs de choux : des feuilles criblées de trous, des nervures à nu, et au milieu de tout ça, des chenilles bien dodues qui ne se cachent même pas. La piéride du chou est un ravageur que tout jardinier bio finit par croiser, et il faut savoir réagir vite. Une femelle Pieris brassicae peut pondre jusqu’à 300 œufs dans sa vie, parfois 400. C’est énorme. Voici comment j’aborde le problème, de l’identification au traitement, sans chimie agressive.

Identifier la piéride du chou et reconnaître ses dégâts

Le papillon et ses chenilles : portrait précis

La piéride du chou (Pieris brassicae) est un papillon blanc aux ailes marquées de taches noires, avec une envergure pouvant atteindre 6 cm. Sa cousine, Pieris rapae, lui ressemble beaucoup et cause les mêmes ravages sur les mêmes plantes. Au stade adulte, ces deux espèces contribuent d’ailleurs à la pollinisation : elles ne sont donc pas que nuisibles.

Le problème, c’est la chenille. Elle mesure jusqu’à 3,5 cm, arbore une teinte vert-bleuté ou vert-jaune, légèrement duveteuse, parfois striée d’une ligne jaune dorsale. Contrairement à d’autres larves qui se planquent, celle-ci se promène en plein jour, visible à l’œil nu. Elle change de place après chaque repas, ce qui disperse les dégâts sur l’ensemble du plant.

Les œufs, eux, se présentent en grappes bien rangées sous les feuilles : jaunes vifs à la ponte, ils virent à l’orange pâle après quelques jours. On compte de 10 à 60 œufs par grappe. Quand la pression de ponte est forte, un seul plant peut accueillir entre 5 et 8 œufs pondus par différentes femelles.

Les signes d’une attaque sur tes choux

L’invasion se reconnaît facilement. D’abord de petits trous appararaissent, puis le feuillage est progressivement dévoré. Les jeunes chenilles créent un effet vitrail en grignotant la face inférieure des feuilles. Après leur première mue, quelques jours après l’éclosion, elles s’attaquent à toute la surface foliaire. Résultat : un effet dentelle, puis des nervures à nu.

On trouve aussi des déjections brunâtres dans les aisselles des feuilles, et parfois le cœur du chou est creusé de galeries, rendant le légume inconsommable. Une invasion massive réduit la capacité de photosynthèse et fait dépérir la plante entièrement. Les plantes concernées sont nombreuses : chou pommé, kale, brocoli, chou-fleur, chou de Bruxelles, mais aussi navet, radis, pak-choï, moutarde ou encore colza.

Le cycle saisonnier à connaître absolument

La piéride passe l’hiver sous forme de chrysalide dans des endroits abrités, souvent loin du jardin. Les premiers adultes émergent à la mi-mai, parfois dès fin avril. Le développement complet de l’œuf au papillon dure entre 25 et 60 jours, avec 2 à 3 générations par an en France.

La première génération, de mi-mai à fin juin, reste modeste car la mortalité hivernale est élevée. Les infestations sérieuses commencent vers la mi-juillet, renforcées par des individus venus de zones au climat plus favorable. La seconde génération vole en juillet-août, une troisième peut apparaître en septembre-octobre si l’automne est doux. Le réchauffement climatique prolonge désormais cette période d’activité bien au-delà de ce qu’on observait il y a vingt ans.

Génération Période Niveau de risque
1ère génération Mi-mai à fin juin Faible à modéré
2ème génération Juillet à août Élevé
3ème génération Septembre à octobre Variable selon météo

Comment lutter préventivement contre la piéride du chou

Les filets anti-insectes et la surveillance manuelle

Le filet anti-insectes reste, de loin, ma méthode préférée. Posé dès la plantation, avant que les papillons ne commencent à pondre, il bloque physiquement l’accès aux plants. Il faut le tendre sur des arceaux, sceller hermétiquement les bords avec des sacs de sable ou des planches, et vérifier régulièrement qu’aucune brèche n’est apparue. Comptez au minimum 2,50 euros par mètre linéaire pour 2,20 m de large sur les sites spécialisés. C’est un investissement, mais les filets durent plusieurs saisons.

En parallèle, une inspection hebdomadaire des feuilles inférieures suffit souvent à contenir l’invasion dès le printemps. J’écrase systématiquement tous les œufs que je repère. Cultiver des variétés à feuilles rouges ou pourpres aide aussi : la femelle préfère pondre sur du vert, et les chenilles vertes y sont bien plus visibles. Installer des insectes utiles au potager bio contribue aussi à réguler naturellement les populations.

Les plantes compagnes et la biodiversité comme alliées

Disperser les choux dans le potager plutôt qu’en monoculture limite les assauts groupés. Planter à proximité du thym, du romarin, de la sauge, de la menthe ou de l’absinthe perturbe l’odorat des papillons qui repèrent les choux de loin. Évite les capucines près des choux : elles les attirent au contraire.

Un couple de mésanges consomme jusqu’à 500 chenilles par jour lors du nourrissage des jeunes. Installer des nichoirs, des haies variées et des points d’eau attire ces auxiliaires précieux. La tanaisie, plantée en bordure, attire de nombreux insectes bénéfiques. Pour aller plus loin dans cette approche, tu peux aussi te documenter sur comment lutter contre les thrips, dont les méthodes préventives recoupent souvent celles utilisées contre la piéride.

Traiter naturellement une invasion de piérides

Les traitements biologiques efficaces

Face à une infestation déclarée, plusieurs solutions naturelles existent. Le purin de tanaisie est souvent cité par les jardiniers professionnels comme l’un des plus efficaces : 50 grammes de feuilles pour un litre d’eau, à pulvériser chaque semaine, en frais car il ne se conserve pas. Le purin d’absinthe dilué à 10% agit bien sur les jeunes chenilles, à appliquer tous les 4 à 5 jours tôt le matin ou en soirée.

Le ramassage manuel reste la façon la plus respectueuse. Le matin ou en fin de journée, les chenilles sont bien visibles. On les récupère dans un seau d’eau savonneuse. C’est simple, efficace pour les petites invasions, et sans aucun risque pour la biodiversité environnante. Les pièges jaunes gluants, posés dès avril et en septembre pour le second vol, interceptent aussi les adultes avant la ponte.

Le savon noir et le Bacillus thuringiensis : quand et comment les utiliser

Selon une expérience menée par Christophe Gatineau, une première pulvérisation de savon noir (environ 3 bouchons par litre d’eau) tue près de 50% des chenilles atteintes en moins de 30 minutes. Une seconde application quelques jours plus tard élimine les survivantes. Attention en revanche : le savon noir est non sélectif et peut tuer les auxiliaires. Je le réserve aux situations vraiment dépassées.

Le Bacillus thuringiensis (BTK) est une bactérie agréée en agriculture biologique. Surtout efficace sur les jeunes chenilles, il se pulvérise sur les feuilles en soirée car les UV le dégradent rapidement. À appliquer 10 jours après observation des premiers papillons, puis toutes les semaines ou toutes les deux semaines, et après chaque pluie. Je reste prudent avec ce produit : il peut affecter d’autres chenilles de papillons non nuisibles, et on retrouve sa présence dans les milieux aquatiques proches des grandes exploitations. Pour des ravageurs comparables sur d’autres cultures, les mêmes questions se posent : voir par exemple comment lutter contre les aleurodes pour une approche similaire.

Pour aller plus loin sur les fondements scientifiques de ces méthodes, tu peux consulter le wiki de la lutte biologique ainsi que le wiki de la lutte bio du Vinopole.

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