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Coccinelle prédateur : définition et rôle utile

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L’article en bref

L’article en bref : La coccinelle prédateur est un auxiliaire redoutable du jardin bio capable de dévorer jusqu’à 600 pucerons avant sa chrysalide.

  • 6 000 espèces répertoriées mondialement, dont une soixantaine en Belgique et aux Pays-Bas
  • Les larves sont les plus voraces, consommant entre 200 et 600 pucerons en 20 jours
  • Cycle complet de 3 semaines à température optimale de 24-28°C
  • Seules les espèces indigènes recommandées pour la lutte biologique, l’asiatique étant envahissante

Une larve de coccinelle peut engloutir jusqu’à 600 pucerons avant d’atteindre le stade chrysalide. Ce chiffre à lui seul dit tout sur la puissance de cet auxiliaire au jardin. La coccinelle prédateur, c’est bien plus qu’un insecte coloré porte-bonheur : c’est une alliée redoutable que je ne me lasse pas d’observer sur mes plantes, saison après saison.

Qu’est-ce que la coccinelle prédateur : définition et espèces principales

Un insecte carnivore au service du jardin bio

La coccinelle appartient à l’ordre des coléoptères et à la famille des Coccinellidae, établie par Pierre-André Latreille en 1807. On recense environ 6 000 espèces dans le monde, dont une soixantaine en Belgique et aux Pays-Bas. La majorité sont effectivement prédatrices, même si quelques espèces se révèlent végétariennes ou mycophages — c’est-à-dire qu’elles se nourrissent de champignons comme le mildiou.

Le terme coccinelle prédateur désigne donc les espèces qui chassent activement d’autres insectes, principalement les pucerons, cochenilles, acariens phytophages et œufs de chenilles. Parmi les plus connues en Europe, on trouve Adalia bipunctata (la coccinelle à 2 points) et Coccinella septempunctata (la coccinelle à 7 points), cette dernière étant la plus répandue dans les herbages.

Personnellement, c’est en observant une colonie de pucerons disparaître en quelques jours sur mes rosiers que j’ai vraiment pris conscience du travail accompli par ces petites bêtes. Aucun traitement chimique : juste des coccinelles. Résultat impressionnant.

Morphologie et caractéristiques physiques

Les coccinelles varient en taille de 0,8 mm (Carinodulinka baja) à 1,8 cm (genre Megalocaria). Adalia bipunctata mesure entre 3,5 et 6 mm. Leur corps en dôme arrondi, leur face ventrale plane et leurs six courtes pattes les rendent immédiatement reconnaissables.

Contrairement à une idée répandue, le nombre de points sur les élytres n’indique pas l’âge de l’insecte. Une étude publiée en août 2018 a démontré que ce motif résulte de l’activité du gène pannier au stade embryonnaire. Chaque espèce porte son propre dessin, fixé génétiquement. Si tu veux identifier les autres auxiliaires présents dans ton potager, je te recommande de consulter ce guide des insectes utiles au potager bio.

Le régime alimentaire des coccinelles

La plupart des espèces prédatrices ciblent les pucerons en priorité. Certaines restent généralistes, d’autres se spécialisent. Voici les principales proies des coccinelles prédatrices :

  • Pucerons (aphides)
  • Cochenilles farineuses
  • Acariens phytophages (tétranyques)
  • Œufs de chenilles
  • Psylles

Quelques espèces comme Psyllobora vigintiduopunctata (la coccinelle à 22 points) s’attaquent au mildiou. D’autres encore, comme la coccinelle à 24 points, se nourrissent de plantes. L’essentiel, pour le jardinier bio, reste de savoir que les ennemis naturels des pucerons incluent avant tout les coccinelles prédatrices.

Le cycle de vie — comment se développe la coccinelle prédateur

Des œufs à la chrysalide

Le cycle comprend quatre stades : œuf, larve, chrysalide, adulte. Une femelle peut pondre 20 à 50 œufs par jour, soit environ 1 000 œufs sur toute sa vie. Les œufs, jaune-orange, sont déposés en grappe sous les feuilles et éclosent en 4 à 10 jours selon la température.

Les larves ressemblent à de petits crocodiles allongés — gris, parfois bruns ou bronzés — et sont souvent confondues avec des nuisibles. C’est une erreur que je rencontre constamment auprès des jardiniers débutants. Ces larves sont pourtant les plus voraces : elles consomment entre 200 et 600 pucerons avant d’atteindre le stade chrysalide. La nymphose dure 7 à 10 jours. La chrysalide mesure environ 3,5 mm.

Chez les coccinelles à 2 points, la descendance est composée à 90 % de femelles. Ce déséquilibre est causé par des bactéries tueuses de mâles présentes dans les organes reproducteurs de nombreuses femelles.

De l’adulte à l’hibernation

Le développement complet, de l’œuf à l’adulte, prend environ 3 semaines à 20-25°C. Les coccinelles sont actives entre 13 et 35°C, avec une température optimale entre 24 et 28°C et une humidité idéale de 80 à 90 %. L’adulte vit 2 à 3 ans.

En automne, les jeunes individus mangent abondamment pour constituer des réserves. Puis ils se mettent en diapause, sous les écorces, dans la mousse ou les touffes d’herbe. Les vieilles coccinelles meurent avant l’hiver. Pour reconnaître d’autres auxiliaires bénéfiques, notamment ceux qui passent par des stades larvaires complexes, tu peux consulter ce guide pratique sur les larves de trichogrammes.

Stade Durée approximative Caractéristique
Œuf 4 à 10 jours Jaune-orange, en grappe sous les feuilles
Larve Environ 20 jours Consomme 200 à 600 pucerons
Chrysalide 7 à 10 jours 3,5 mm, gris foncé à taches jaunes
Adulte 2 à 3 ans Actif entre 13 et 35°C

Prédateurs, défenses et utilisation en lutte biologique

Les ennemis naturels de la coccinelle

La coccinelle n’est pas sans adversaires. Les araignées la piègent dans leurs toiles de manière opportuniste. Les oiseaux insectivores — mésanges, moineaux — peuvent la consommer, malgré son goût amer dû aux alcaloïdes contenus dans son sang réflexe. Ce liquide jaune et collant, sécrété en cas de danger, constitue son principal mécanisme de défense. Sa couleur vive joue également un rôle dissuasif : dans la nature, le rouge vif signale le danger.

Les guêpes parasitoïdes comme Dinocampus coccinellae (famille des Braconidae) pondent leurs œufs à l’intérieur de la coccinelle, qui continue de vivre pendant que la larve se développe en elle. Les fourmis, elles, chassent les coccinelles pour protéger leurs élevages de pucerons — un conflit d’intérêts direct avec notre auxiliaire préféré.

La menace de la coccinelle asiatique et les perspectives pour la lutte bio

Harmonia axyridis, la coccinelle asiatique, a été introduite en Europe à partir de 1990 comme agent de biocontrôle. Observée à l’état sauvage en Allemagne dès 1999, elle a été qualifiée d’espèce envahissante en 2001. Selon le Center for Ecology and Hydrology, sept des huit espèces endémiques britanniques ont vu leurs populations diminuer de moitié entre 2004 et 2012. Adalia bipunctata a subi un déclin allant jusqu’à 30 %.

Aujourd’hui, seules les espèces indigènes — Adalia bipunctata et Coccinella septempunctata — sont recommandées pour la lutte biologique. Depuis 2017, lâcher adultes et larves simultanément permet d’assurer une présence continue sur les cultures. En Belgique, capturer des coccinelles est interdit depuis un décret royal de 1980. Une protection que je trouve pleinement justifiée au regard des services rendus par ces auxiliaires indispensables.

Sources : wiki de la lutte biologiquewiki de la lutte bio

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