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Comment lutter contre la sclérotinia : solutions efficaces

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L’article en bref

L’article en bref

Le sclérotinia est un champignon dévastateur qui persiste dans les sols entre 5 et 15 ans, touchant colza, tournesol, laitue et nombreuses autres cultures. Aucun traitement curatif n’existe : la prévention reste essentielle.

  • Rotation des cultures : éviter les successions de plantes sensibles pour affamer le pathogène
  • Réduction de la densité de semis : aérer le couvert et limiter l’humidité favorable au champignon
  • Variétés tolérantes : réduisent l’incidence de 60% en moyenne comparé aux variétés sensibles
  • Biocontrôle : Bacillus et chitosan stimulent les défenses naturelles des plantes
  • Traitement au stade G1 uniquement (colza) : respecter le timing pour limiter la résistance aux SDHI

Le sclérotinia fait des ravages dans les champs depuis des décennies, et je me souviens encore d’un agriculteur bio du Cher qui avait perdu près de 20 quintaux par hectare en une seule campagne de colza. Une saison entière réduite à néant par un champignon invisible jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Aujourd’hui, fort de plusieurs années à suivre des parcelles en agriculture biologique, je vais te donner les clés pour comprendre et agir efficacement contre cette maladie.

Comprendre le sclérotinia pour mieux le combattre

Le sclérotinia est une maladie fongique causée principalement par Sclerotinia sclerotiorum, mais aussi par Sclerotinia minor et Sclerotium cepivorum selon les cultures touchées. Le colza est souvent la première victime citée, mais le tournesol, la tomate, la pomme de terre, le pois, la féverole, les laitues ou encore l’ail figurent également sur la liste noire.

Ce qui rend ce champignon particulièrement redoutable, c’est sa capacité de survie. Ses structures de conservation, les sclérotes, restent viables dans le sol entre 5 et 10 ans, parfois jusqu’à 15 ans pour Sclerotium cepivorum. Autant dire qu’un sol contaminé garde cette « mémoire » fongique longtemps après la dernière culture hôte.

Le cycle biologique, étape par étape

Tout commence au printemps. Dès que la température dépasse 5°C avec une humidité élevée maintenue sur environ 10 jours consécutifs, les sclérotes germent. Ils forment alors de petits disques beiges au ras du sol : les apothécies. Ces structures libèrent entre 2 et 30 millions d’ascospores en quelques jours. C’est impressionnant et inquiétant à la fois.

Ces spores se disséminent par voie aérienne et colonisent les pétales de fleurs. Le mycélium se développe idéalement entre 18 et 20°C et envahit les pétales en seulement 3 jours. Pour que la contamination primaire s’enclenche vraiment, il faut une humidité relative saturée supérieure à 92%. Un contact suffisant entre pétales infectés et tissus feuilles-tiges suffit alors pour que la tige soit atteinte.

Reconnaître les symptômes selon la culture

Sur colza, le signe le plus visible est ce manchon blanc caractéristique au point d’insertion de la feuille, qu’on appelle la « pourriture blanche ». La plante se retrouve coupée de son alimentation et s’échauffe. En cas d’attaque sévère, la tige se plie, provoquant ce qu’on appelle la verse.

Sur laitues, c’est un flétrissement complet avec décomposition du collet. Sur ail, échalotte et oignon, un mycélium blanchâtre envahit la base du bulbe avec des sclérotes noires circulaires visibles à l’oeil nu. Sur carotte et céleri, l’attaque peut survenir au champ ou même lors de la conservation en entrepôt.

Culture Symptôme principal Zone touchée
Colza Manchon blanc, pourriture blanche Tige, collet
Laitue Flétrissement complet Collet
Ail/Oignon Mycélium blanchâtre, sclérotes noires Base du bulbe
Carotte/Céleri Nécrose de la racine Racine ou rave
Haricot/Chou Mycélium sur limbes, gousses Feuilles, collet

Les solutions concrètes pour lutter contre la sclérotinia

Ici, il n’existe pas de traitement curatif. Cette réalité, je l’ai apprise à mes dépens en conseillant des maraîchers bio qui espéraient agir après l’apparition des premiers symptômes. La gestion repose sur la prévention et la combinaison de plusieurs leviers. Comment lutter contre la sclérotinia demande donc une approche globale et anticipée.

Les mesures culturales à adopter en priorité

La rotation des cultures reste l’outil le plus puissant. En évitant la succession de cultures sensibles (tournesol, soja, légumières), on prive le champignon de ses hôtes et les sclérotes disparaissent progressivement. La densité de semis mérite aussi attention : un couvert trop dense crée un microclimat humide très favorable. Accroître l’écartement entre rangs aide à mieux aérer.

  1. Allonger les rotations en excluant les successions de plantes sensibles
  2. Baisser la densité de semis pour limiter le microclimat humide
  3. Cultiver les plantes sensibles sur des buttes, réputées plus séchantes
  4. Planter du glaïeul sur les parcelles d’alliacées : cette plante fait germer et avorter les sclérotes sans être elle-même sensible
  5. Retirer et brûler les organes contaminés (bulbes, collets, fanes)

La solarisation mérite aussi d’être mentionnée. En tendant une bâche noire sur le sol tout l’été, la chaleur intense détruit une partie des sclérotes. Pour les alliacées, éviter les sols trop travaillés en profondeur, qui peuvent ramener des sclérotes en surface, reste également une bonne pratique.

Le biocontrôle et les traitements préventifs

Sur le marché, le biocontrôle représente encore seulement 5 à 7% des fongicides en valeur. Son efficacité plafonne entre 20 et 30% dans des conditions favorables, ce qui est loin d’être négligeable quand il s’intègre dans une stratégie globale. Les produits à base de Bacillus amyloliquefaciens ou Bacillus subtilis stimulent les défenses naturelles des plantes. Le chitosan, appliqué régulièrement sur légumes et plantes ornementales, agit dans le même sens.

Pour le colza spécifiquement, l’application d’un fongicide ou d’une combinaison fongicide-biocontrôle doit se faire au stade G1 uniquement, soit 6 à 12 jours après le stade F1 selon les conditions météo. Terres Inovia a documenté dès 2019 l’apparition de souches résistantes aux SDHI, ce qui impose aujourd’hui une gestion bien plus raisonnée des traitements. L’Anses et l’Inrae publient chaque année une note commune avec leurs recommandations actualisées.

Concernant les variétés tolérantes, les résultats sont parlants : elles réduisent en moyenne l’incidence du sclérotinia de 60% par rapport aux témoins sensibles. Certaines bénéficient d’avantages spécifiques issus de plus de 15 ans de recherche variétale. Le niveau de tolérance s’évalue sur deux critères : l’incidence (pourcentage de plantes touchées) et la sévérité, notée de 1 à 9. Comme pour lutter contre les aleurodes, le choix de la variété constitue souvent la première ligne de défense.

Évite les fortes fumures azotées, qui favorisent des tissus tendres et donc plus vulnérables. Préfère les amendements organiques. Limite aussi le paillage à l’été uniquement : un paillage permanent maintient une humidité au sol propice aux sclérotes.

Pour aller plus loin dans ta démarche de compréhension des mécanismes biologiques, tu peux consulter le wiki de la lutte bio qui offrent des bases solides sur les agents de biocontrôle utilisés aujourd’hui.

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